Cartes à gratter

2001-2019, Sérigraphie argentée à gratter sur plan de ville

Je cherche dans cette série à reconstituer le réseau mental que l’on se crée d’une ville, telle une psychocartographie. Après avoir appliqué une encre sérigraphique argentée sur un plan, je gratte le parcours effectué dévoilant ainsi la partie vue du territoire.

I seek in this series to reconstruct the mental network of the city, such as a psycho-mapping. After having applied a silver ink on a map, I scratch the path made by walking revealing the part of the territory.


Cartes à gratter : impression d’un parcours à gagner
Souvenirs des territoires conquis par Hélène Marcoz

Liliana Albertazzi

Sur une carte enduite d’une encre argentée, l’artiste fait glisser une pointe afin d’inscrire le souvenir du parcours effectué dans une ville. Ce faisant, la pointe soulève une très fine lanière de matière et en découvre une autre, celle lisse et anodine des cartes routières, celle des imprimés à grand tirage.

La pointe pénètre la surface uniforme et brillante, neutre, pour dérober une nouvelle surface colorée où s’entrecroisent des lignes. On ne peine pas à déchiffrer le plan qui représente les voies d’une ville, mais il s’agit d’un tracé dans le tracé : l’image est incomplète pour celui qui regarde et reconstitue sa propre image de la ville. Le dialogue s’instaure entre l’artiste pointant le souvenir d’un parcours emprunté, réinventant le sens de l’abstraction d’une carte et celui qui regarde la carte grattée recomposant son propre souvenir de la ville.
La visite de la ville de Bruxelles se fait ici ailleurs que dans le circuit des fonctionnaires de l’Europe, que dans celui des buveurs de bière, que dans celui des regardeurs des cartes à gratter; le réseau conquis par Hélène Marcoz est celui où s’emboîtent impressions, images et parcours.

Liliana Albertazzi
2008


Scratch cards : impression of a circuit to be won
Memories of conquered lands by Hélène Marcoz

Liliana Albertazzi

On a map coated in silver ink, the artist uses a pointed object to trace the route she took through a city. As she does so, the tip removes a very thin layer of material, thus revealing another, the smooth and anodine surface of road maps, of lottery cards.

The pointed object penetrates the neutral, even, shiny surface to steal from a new colourful surface covered with overlapping lines. It’s not difficult to decipher the map which represents the city’s thoroughfares, but as it’s traced line within a traced line, the image remains incomplete for the onlooker trying to reconstitute his own image of the city. A dialogue is established between the artist scratching her recollection of the route she took, reinventing the abstract nature of a map, and the person looking at the scratched map recomposing his own recollection of the city.

The tou of Brussels undertaken here is far removed from the circuit of European civil servants, beer drinkers and scratch card onlookers; the network conquered by Hélène Marcoz is one where impressions, images and circuits fit neatly inside one another.

Liliana Albertazzi
2008


©adagp-Hélène Marcoz